vendredi 23 janvier 2009

le chiffre 1

Histoire : L'histoire des chiffres

Pour que les chiffres existent, l'humanité a dû apprendre à compter et créer les nombres !


Il y a plus de 30 000 ans, nos ancêtres, pour compter les animaux tués à la chasse, gravaient un trait sur un os ou sur une pierre. Puis, les hommes se servirent de leurs mains et de leurs pieds pour compter avec les doigts.

Il y a 6 000 ans, en Mésopotamie, les Sumériens utilisaient des boules comptables en argile. Dans une boule d'argile creuse, ils mettaient des calculi : un bâtonnet était égal à 1, une bille à 10...

Quant aux Babyloniens, ils inventèrent un système plus simple. Ils additionnaient des clous (1) et des chevrons (10) gravés sur des tablettes d'argiles. Ils créèrent aussi le zéro sans le zéro, en laissant un espace entre deux numéros puis signifié par deux clous inclinés. Ils calculaient sur la base de 60. On leur doit, quand même, le calcul du temps et des angles.

Cinq ou six siècles avant Jésus Christ, les Chinois s'éveillaient aux mathématiques, en observant les étoiles. Un boulier les aidait dans leurs calculs.

Dans l'Egypte ancienne, le sacré était partout, et les hiéroglyphes, tel L'œil du dieu Horus, divinité du ciel, étaient utilisés pour les fractions. Chacune des dimensions de sa paupière, sa pupille, indiquait une fraction. Ces données servaient, entre autre, en architecture. La fleur de lotus, elle, représentait la valeur 1 000.

Chez les Grecs, chaque lettre de l'alphabet symbolisait un chiffre, elles avaient un usage domestique, commercial et géométrique.

Finalement, les Romains imposèrent, dans tout l'empire, leur système à base de sept lettres : I pour 1, V pour 5, X pour 10 et ainsi de suite. Pour calculer, ils se servaient des calculus, petits cailloux dans des casiers à damiers. Et toujours pas de zéro... Alors, un marchand qui achetait puis revendait des chevaux, disait : "il me reste cinq chevaux moins cinq chevaux" !

A l'autre bout de la planète, la civilisation maya (1 600 avant J.-C. - 1 500 après J.-C.) se servait des doigts et des orteils pour compter. Un point était égal à 1, un trait à 5. Le dessin d'un œil à demi fermé était l'équivalent du zéro.

La révolution arrive d'Inde, vers le Ve siècle de notre ère. Les Indiens donnent un nom et une forme aux signes qui leur servent à compter. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9... et 0 ! Ils appellent leur valeur nulle, Sunya, dont la traduction est "le vide dessiné d'un petit cercle". Le zéro est le verrou entre l'infiniment grand et l'infiniment petit, le point de départ de l'abstraction.

C'est ainsi que les Arabes, au VIIe siècle, lors de leurs conquêtes dans le nord de l'Inde, vont découvrir cette numérotation et la propager, grâce à l'islam, jusqu'au sud de l'Espagne. Sunya devient Sifr, le vide, en arabe, qui donnera, plus tard, les mots zéro et chiffre.

Cependant en Europe occidentale, très marquée par l'Empire romain, on reste attaché aux chiffres romains. On mesure en pied (du roi), pouce et ligne.

Mais au Xe siècle, un archevêque auvergnat passionné de sciences, Gerbert d'Aurillac, se rend à Cordoue et comprend que les "chiffres hindi", comme les appellent les Arabes, sont une révolution pour la pensée humaine.

Quand, en 999, élu pape sous le nom de Sylvestre II, il utilise son pouvoir et son érudition pour faire véhiculer, dans la chrétienté, ce savoir qui ouvre des horizons infinis à l'humanité...

Mais sa tâche fut difficile. Les superstitions obscurantistes désignaient l'an 1000 comme étant la fin du monde ! Alors que l'an 1000, proposé par Sylvestre II, était le 1 000 de l'ouverture et de tous les possibles !

Cinq siècles furent nécessaires pour que les chiffres et le zéro s'épanouissent. Mathématiques, physique, chimie, astronomie et philosophie prirent un nouveau départ grâce à ces dix "petits" chiffres.